Bienvenue sur le Blog de Julie...

Dans nos vies quotidiennes résonnent fréquemment des moments de stress, de tension, de douleur, de difficulté ou même des simples petits instants de faiblesse... L'esprit et le corps sont alors mis à contribution et ont souvent du mal à tout absorber. Dans ces circonstances, il est parfois compliqué de trouver des solutions immédiates et opérationnelles.
Grâce à une grande écoute et à l'utilisation de techniques variées agissant sur le confort mental et sur le bien être physique, je vous propose de mettre en oeuvre avec vous un programme adapté à vos besoins ponctuels ou réguliers.
Ces solutions s'adressent aussi bien aux adultes qu'aux enfants Elles sont sans risque et adaptées aux besoins de chacun. Mes coordonnées figurent sur cette page. Prenons rendez vous et évoquons vos préoccupations ensemble.
En attendant, ce blog - outil d'échange et de partage - est une fenêtre sur l'actualité émotionnelle du monde qui nous entoure; il vous apportera également des indications régulières sur le sens de ma démarche... Bonne lecture et à trés vite.
Julie

Actualité Sophrologie

mercredi 16 mai 2012

Les techniques secrètes de l'engagement sur Internet



 Si vous avez l’habitude de lire des articles traitants des médias sociaux, vous n’avez pas pu passer à côté de la notion d’engagement (même si le storytelling a plus la côte depuis quelque temps)

Source : www.psycheduweb.fr 

dimanche 13 mai 2012

Parler de soi, c’est bon comme faire l’amour ou manger


Depuis qu’il est facile de s’exprimer grâce à Facebook, Twitter, les blogs et autres moyens électroniques, on peut de demander pourquoi tant de personnes éprouvent le besoin d’utiliser ces outils pour parler d’elles-mêmes. D’où vient ce puissant désir de raconter sa vie, de donner son avis sur tout, de s’exposer au regard de tous ? Comment expliquer le recours permanent au “moi, je…” qui scande également l’expression orale ? Plusieurs études scientifiques se sont penchées sur ces interrogations. Le résultat est concluant: parler de soi excite le système mésolimbique, qui, dans le cerveau, libère de la dopamine.

Shoot de dopamine
Grâce à l’imagerie cérébrale, les chercheurs ont pu mettre en évidence que cette activité actionne le processus de récompense primaire, tout comme le sexe ou la nourriture. On peut noter que ce système mésolimbique est souvent associé aux addictions à différentes drogues. Parler de soi engendre donc rien de moins qu’un shoot de dopamine. De quoi expliquer que certains soient accros. Les autres, sans doute, ignorent encore ce plaisir qui a l’avantage social de ne pouvoir s’exercer en solitaire. Pour parler de soi, il faut l’une, voire les deux oreilles d’un “autre”. Les réseaux sociaux démontrent que cet autre peut être à la fois distant et multiple. Si, dans ce cas, il ne répond pas directement, il doit néanmoins manifester son écoute d’une quelconque manière. D’où les “j’aime” de Facebook ou le nombre de Retweet de Twitter. Les dialogues électroniques se révèlent donc être une succession de discours univoques sur soi échangés dans tous les sens. Les réponses sont d’autant plus rares qu’il n’y a pas vraiment de questions…
80% des conversations sur les réseaux sociaux
On comprend mieux pourquoi les êtres humains consacrent de 30 à 40% de leurs conversations quotidiennes à transmettre aux autres des informations sur leurs propres expériences ou leurs relations personnelles. Les études ont montré que ce taux monte à 80% dans les billets de médias sociaux comme Twitter. Il ne s’agit alors, pour l’émetteur, que de relater sa dernière expérience en date. Parfois, souvent, on ne peut plus banale: “Je sors de chez moi”, “J’arrive au bureau”. “Il pleut, je suis trempé”…
Dans la dernière étude sur ce phénomène, publiée le 7 mai 2012 dans les Proceedings of the National Academy of Science des Etats-Unis (PNAS), deux chercheurs de l’université d’Harvard, Diana Tamir et Jason Mitchell, ont affiné l’analyse des réactions du cerveau humain dans différentes conditions d’expérience. Ainsi, ils ont découvert une activité supérieure dans le système de récompense chez les participants qui recevaient une petite somme d’argent (2 $). En revanche, les deux groupes (avec ou sans argent à la clé) ont réagi de la même façon lorsque les chercheurs ont comparé l’activité cérébrale des participants exprimant leurs propres opinions ou croyances et lorsqu’ils parlaient des opinions et des croyances des autres. Sans surprise, leur cerveau est nettement plus stimulé dans le premier cas.

Activités du cerveau des participants pendant les tests
Renoncer à de l’argent pour parler de soi
Diana Tamir et Jason Mitchell sont allés encore plus loin. Ils ont mesuré la quantité d’argent à laquelle les participants étaient prêts à renoncer pour révéler des informations sur eux-mêmes. L’étude, semble-t-il, n’est pourtant pas financée par les psychanalystes… Les 37 participants devaient choisir entre trois tâches: parler de leurs opinions et de leurs comportements (“Aimez-vous les sports d’hivers comme le ski?”), juger le comportement d’une autre personne (“Barak Obama aime-t-il faire du ski?”) ou répondre par oui ou par non à un questionnaire factuel (“Léonard de Vinci a peint la Joconde”). A chacun des 195 choix fait par les participants était associée une récompense variable (0.01 $ à 0.04 $), sans qu’il existe de corrélation systématique entre le montant de la récompense et le types de choix. Les chercheurs ont ainsi pu confirmer, une fois de plus, la préférence des participants pour les tâches leur permettant de parler d’eux-mêmes. Lorsque la récompense était équivalente pour les trois types de choix, les participants ont choisi ces tâches dans 66% des cas face aux tâches où ils devaient parler des opinions des autres et dans 69% des cas face au questionnaire factuel. Plus probant encore, en moyenne, les participants ont sacrifié 17% de leurs gains en préférant parler d’eux-mêmes face à d’autres choix rapportant plus. “Tout comme des singes prêts à renoncer à leur jus de fruit pour voir le mâle dominant ou des étudiants prêts à donner de l’argent pour voir des personnes séduisantes du sexe opposé, nos participants ont accepté de renoncer à de l’argent pour penser à eux et parler d’eux”, concluent les chercheurs.
Payer pour être lu
Un tel constat pourrait donner des idées à Facebook, entre autres. Si leurs utilisateurs sont si accros à la possibilité de parler d’eux, seraient-ils prêts à payer pour cette drogue ? En fait, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook y pense déjà. Comme vous avez pu le lire sur Slate.fr, le site néo-zélandais Stuff a révélé une première tentative. Un test propose une nouvelle fonction, Highlight, qui, pour 2 $ permet  à un billet d’être davantage vu par les “amis”. Même si Facebook s’en défend pour l’instant, la tentation de faire payer le shoot d’”égo-dopamine” risque d’être très forte à l’avenir.
Michel Alberganti

mercredi 9 mai 2012

Psychologie: les trois types de personnes qui font obstacle à l'innovation



Apu, The Workaholic / herval via Flickr CC Licence By
Innover, prendre des risques, plonger dans l'inconnu, accepter de se transformer, c'est difficile pour toute organisation. C'est même impossible si l'équipe n'est pas soudée autour de son objectif. C'est ce qu'expliquent deux grands spécialistes du management d'entreprise G. Michael Maddock et Raphael Louis Vitón dans la rubrique Innovation Engine (le moteur de l'innovation) réalisée en commun par le magazine Businessweek et l'agence Bloomberg. Ils décrivent les trois types de profils psychologiques qui sont des obstacles à l'innovation et dont il faut absolument se séparer pour avancer.

1) Les victimes

Les victimes sont des personnes qui perçoivent les problèmes comme des moyens pour les persécuter plutôt que comme des défis à surmonter. «Nous jouons tous le rôle de victimes de temps à autre, mais pour certains cela est devenu un mode de vie», explique Businessweek. Ces personnes se sentent oppressées par les humains, les processus et les objets inanimés. «Les victimes ne cherchent pas des opportunités d'innover et d'avancer, mais des problèmes

2) Les non croyants

La différence entre la réussite et l'échec tient souvent à la dose de volonté et d'obstination mise par une équipe pour parvenir à ses fins. Et du coup, les sceptiques, nécessaires pour évaluer les situations, deviennent des obstacles quand vient le temps de l'action. «Ceux qui gagnent sont souvent ceux qui croient qu'ils peuvent y arriver et les perdants ceux qui doutent… Le lien entre y croire et y parvenir est puissant et réel…»

3) Les «je sais tout»

Les innovateurs sont des gens qui apprennent, pas des personnes qui savent. C'est la même chose au sujet des cultures d'entreprises innovantes, elles sont des cultures d'apprentissage. «Les dirigeants qui ont construit ces cultures (…) doivent rechercher en permanence des choses qu'ils ne comprennent pas et plonger au fond de la piscine…»
C'est le problème de fond de l'innovation. Les experts, ceux qui savent le plus, y sont en général réfractaires au nom de leur savoir maîtrisé. Mais cela explique pourquoi les grandes entreprises sont incapables, la plupart du temps, de voir venir le nouveau produit ou le nouveau concept lancé par un petit concurrent qui va remettre en cause leur modèle.
Comment laisser de la place à ceux qui «pensent autrement» ou «out of the box» (en dehors de la boîte)? Sur son blog sur le Huffington Post américain, Liz Ryan, une spécialiste du fonctionnement des entreprises et de la créativité, explique que penser «out of the box» c'est penser «en dehors du cadre dans lequel généralement on range les problèmes... avec une solution A, B ou C». Il faut simplement se poser la question de temps à autre: «y a-t-il une autre façon d'envisager cela?»

Photo: Apu, The Workaholic / herval via Flickr CC Licence By

vendredi 27 avril 2012

Le "front" étymologiquement est le siège de l'orgueil, de l'arrogance et des sentiments.
Il représente la partie antérieur d'un objet.
il est marrant de constater que deux partis politiques extrêmes en France utilisent dans leur nom ce terme.
Orgueil, arrogance....ou besoin de conflit pour exister!
Et s'ils s'appellent par leur partie antérieure (ou visible), n'ont ils pas peur de montrer leur partie postérieure (ou cachée)? 
Je vous laisse le soin de traduire cette question en métaphore philosophique...ou anatomique!!!

mercredi 28 mars 2012

Changer sa vie

Henry Quinson était trader, il a tout plaqué pour devenir moine. Haruki Murakami s’occupait d’un petit club de jazz, il est devenu écrivain professionnel. Au-delà de ces transformations spectaculaires, le cours de nos vies est scandé par des bifurcations moins exotiques : réorientation professionnelle ou licenciement, mariage ou divorce, conversion religieuse... Ces changements marquent-ils en profondeur notre personnalité ? Au-delà des injonctions d’une société qui pousse à changer, s’adapter, n’y a-t-il pas aussi un désir profond, ancré dans notre nature d’humain ? Existe-t-il de bonnes méthodes pour tenter de guider le changement ? Quels sont les causes et effets d’une conversion religieuse, d’un départ à la retraite ou d’un régime alimentaire ? Autant de questions sur lesquels les sciences humaines commencent désormais à se pencher pour comprendre la dynamique du changement et tenter d’en dénouer les fils 

La guerre contre soi
Jean-François Dortier
Changer impose de passer du rêve à l’action. Cela suppose aussi d’entrer en guerre contre soi pour tenter de satisfaire certains désirs au détriment d’autres.
Tout le monde rêve de changer. Changer de travail (évoluer dans son poste ou se réorienter), changer son corps (maigrir, se muscler, se rajeunir), changer sa vie privée (quitter son conjoint ou en trouver un), son environnement (déménager de son quartier, de sa ville, de son pays). Parfois on rêve d’une renaissance complète : tout plaquer pour changer de vie. Plus souvent, il s’agit de simplement changer une seule chose : arrêter de fumer, obtenir une promotion, vaincre sa timidité maladive pour aller au-devant des gens et rencontrer enfin le grand amour.
Problème : changer est difficile. Et beaucoup en restent au niveau du rêve sans rien entreprendre pour le faire. C’est ce que l’on appelle le « bovarysme », en référence à Emma Bovary, l’héroïne du célèbre roman de Gustave Flaubert.
Autre écueil : les bonnes résolutions qui ne tiennent que quelque temps, comme celles d’Oblomov, le personnage inventé par l’écrivain Ivan Gontcharov : le jeune aristocrate qui rumine de grands projets, mais est incapable de tenir ses propres engagements plus de quelques jours. Il se morfond alors dans la léthargie et la haine de soi. Le perfectionnisme est un autre butoir au changement : en s’imposant des objectifs trop élevés, en recherchant la perfection, on se condamne à ne pouvoir aller au bout de ses projets. Faiblesse de la volonté, peur d’affronter ses rêves, peur de l’échec… ou de la réussite, il existe mille raisons pour rater son changement.
D’où vient cette difficulté à mettre en œuvre des changements que l’on désire tant ? Changer implique d’entrer en guerre contre soi. De livrer une bataille intérieure contre ses mauvais penchants, ses « démons », s’imposer une autodiscipline. 
Le philosophe Harry Frankfurt explique les failles de la volonté (sur lesquelles bute le changement) par le conflit entre deux types de désirs. Les désirs « de premier ordre » nous sont fixés par les besoins immédiats ou l’environnement. Les désirs de second ordre sont les projets au long terme. Nous autres humains possédons la capacité de se projeter hors de soi, de se fixer des buts à long terme, d’imaginer un horizon lointain. Le problème est celui des conflits entre ces désirs. À long terme, je voudrais maigrir, mais maintenant, je suis très tenté de reprendre une part de dessert. L’étudiant veut réussir ses examens et sait qu’il doit pour cela changer ses habitudes : refuser quelques sorties avec les copains, mieux organiser ses journées (alors que la guitare ou le DVD sont à portée de main). Le salarié voudrait avoir plus de temps à lui pour un projet qui lui tient à cœur, mais il doit apprendre à dire « non », à refuser les sollicitations qui l’assaillent au quotidien. Le délinquant souhaite s’en sortir : il voudrait arrêter la drogue, arrêter de dealer, changer ses fréquentations, apprendre un métier, trouver un travail, etc.

Résister à l’immédiat

Les économistes nomment cela la « non-cohérence des préférences ». Ce que je voudrais à long terme (faire des économies et épargner) ne correspond pas à ce que je souhaite à court terme (je craque pour ce nouvel achat) (1).
Pour quelle raison est-ce que l’on tranche souvent en faveur du désir de premier ordre (la tentation immédiate) au détriment du désir de second ordre : l’objectif à long terme ? Le calcul est simple : lorsque l’on agit en fonction d’un but lointain (travailler pour un examen par exemple), le coût de l’action (se mettre à un travail ennuyeux) est immédiat et les avantages sont différés. À l’inverse, pour les désirs immédiats (jouer de la guitare), les avantages sont immédiats et les coûts différés. Comment faire dès lors pour aller à l’encontre de ses tentations et tenter de contrôler ses envies ? 
Cette guerre intérieure est l’une des facettes de ce que les sociologues nomment la « réflexivité ». La réflexivité est la capacité qu’ont les individus à l’autoanalyse, à réfléchir à leurs propres motivations, à tenter de contrôler le cours de leur vie en mettant en place des stratégies de changement et des techniques mentales d’autocontrôle. 
Selon Philippe Corcuff, la sociologie de la réflexivité prend au sérieux les capacités individuelles à s’observer et à prendre de la distance avec soi. En cela, elle se démarque de la sociologie déterministe pour laquelle l’individu était assigné à résidence sociale, comme rivé à son passé et son milieu d’appartenance. Pour comprendre les trajectoires des individus qui cherchent à s’affranchir de leur milieu, il faut sortir de ce modèle. Les individus contemporains ne se resocialisent pas uniquement à partir des modèles familiaux ou de leur classe sociale. Telle une petite fille qui entrevoit à l’école, à la télévision, dans ses lectures, des modèles de conduites nouveaux auxquels elle cherche à se conformer. Ce processus relève de la « socialisation anticipatrice », de l’influence des modèles (2) ou des « identités possibles » (3) incarnés à travers nos héros et légendes personnelles. L’individu rêve d’une autre vie et va tenter de se transformer, de conformer son rêve à la réalité. Il n’est plus seulement construit par son passé, mais comme aspiré par l’avenir. Le sociologue Jean-Claude Kaufmann décrit cette dialectique entre notre vie réelle et notre vie rêvée avec l’image d’une « double hélice », à la manière de la structure du code génétique (4).
Une première hélice est formée de l’ensemble des apprentissages, routines mentales, normes intériorisées qui nous font agir au quotidien : au travail et dans la famille. C’est notre premier code de conduite. 
Autour de cette première hélice, s’enroule une seconde : celle de nos pensées intérieures. Notre petit théâtre intérieur est fait de rêveries, de projets, de pensées diverses souvent en décalage avec nos conduites réelles. Voilà la seconde hélice. William James appelait cela le « flot de conscience » ; ce cinéma intérieur produit une identité alternative, notre moi caché et secret, en décalage avec notre existence réelle. Il porte nos ambitions, nos rêves intérieurs, notre volonté de changement.
Les deux hélices de la personnalité ne sont pas étrangères l’une à l’autre. Elles interagissent, s’enchevêtrent et s’influencent. Les projets d’hier ont pu contribuer à changer ma vie ; ce que je suis aujourd’hui est en partie le résultat des rêves du passé. Ils sont venus s’intégrer à mon premier moi. Et désormais, des frustrations ou désirs enfouis se réveillent et forment la nouvelle seconde hélice. Enfant, Jean-Christophe Rufin voulait devenir médecin, comme son grand-père. Il est parvenu à ses fins. Mais quelques années plus tard, un autre rêve endormi en lui se réveille : il voudrait écrire, devenir écrivain (5). Toute la question du changement personnel est de tenter de faire concorder ces deux identités : notre vie rêvée et notre vie réelle.

Décision et stratégies

Au fil du temps, les individus mettent en place stratégies, trucs et combines personnelles pour tenter de contrôler leur comportement. Ces stratégies sont multiples. 
Celui ou celle qui veut perdre du poids se regarde dans la glace en rentrant le ventre, il fixe son attention sur les « images-buts » qu’il cherche à atteindre. Il s’entoure des images des héros et des modèles de référence. Cette jeune femme feuillette des magazines féminins. Pure distraction ? Simple recherche des modèles de coiffure ? De tenue ? Pas uniquement : sans en avoir vraiment conscience, elle est aussi à la recherche d’un modèle de vie. Elle voudrait endosser une nouvelle identité. Le lookn’est pas une question aussi futile qu’il y paraît.
« Je veux maigrir »« je vais passer un examen pour devenir esthéticienne », « je veux devenir musicien »…, le passage à l’acte passe par une décision puis par des résolutions. Si elles ne sont pas accompagnées d’un moyen et d’un programme précis, elles cèdent vite sous le poids des routines, des motivations inverses, des sollicitations immédiates. « À partir de demain, je vais arrêter de regarder la télévision et me contraindre à écrire une heure tous les soirs » : tel est l’objectif que s’est fixé l’antihéros du roman de Jean-Philippe Toussaint La Télévision. Il voudrait se désintoxiquer de l’emprise du petit écran. Mais sans méthode précise, sans solide alternative, il succombe sans cesse aux charmes de l’écran.
Changer implique de transformer ses rêves en projet et les projets en programme précis. D’où l’importance des agendas, du journal intime, du carnet de bord, des listes de choses à faire, des rappels que l’on se fait à soi-même : un tableau affiché dans la cuisine, des Post-it collés sur un coin de bureau, etc. Autant de petites piqûres de rappel qui font partie des techniques d’autocontrôle des individus en quête d’une nouvelle vie (6).Pour le psychologue américain Ira Progoff, le journal intime intensif est un outil privilégié du changement personnel.
Mais l’autodiscipline et les rappels à l’ordre qui l’accompagnent sont bien insuffisants pour changer durablement. Face à une motivation insuffisante et une volonté défaillante, celui qui veut changer comprend vite qu’il va falloir avoir recours à une autre technique : la ruse.
Le philosophe Jon Elster a consacré une grande partie de son œuvre à étudier cette stratégie mentale consistant à agir contre nous-même. Face aux carences de notre propre volonté, face à la difficulté à contrôler nos émotions, nous employons des stratégies dignes d’Ulysse. On sait que le héros de l’Iliade se fit attacher au mât de son navire pour résister au chant des sirènes. Voilà ce que fait le collégien qui demande à être mis en internat pour être sûr d’être dans un cadre stimulant pour travailler. C’est le cas du fumeur invétéré qui annonce sa décision à son entourage, sachant qu’un engagement public va peser sur lui dans ses moments de faiblesse (ce qui le conduit parfois à aller se cacher dans les toilettes pour aller fumer comme lorsqu’il était adolescent). C’est encore le cas du joueur compulsif qui demande à être inscrit sur la liste des personnes interdites d’entrer au casino.

Et toujours Sisyphe…

Le recours aux aides extérieures relève de ce que le psychologue canadien Yves Saint-Arnaud appelle le « changement assisté » (7). Sachant que notre environnement immédiat influe sur nos conduites dans un sens ou dans un autre, il est souvent nécessaire de contrebalancer les influences subies par celles choisies. Cette aide extérieure peut être procurée par des groupes de rencontre comme les Alcooliques anonymes, ou par le coaching qui s’est généralisé dans le sport, le travail et désormais les études.
Modèles identificatoires, programmes personnels, autostimulations, il existe tout un arsenal de méthodes plus ou moins efficaces pour tenter de changer .
Mais quoi qu’il en soit des résolutions, trucs, combines et astuces, le chemin du changement est toujours semé d’embûches. Du régime amaigrissant aux grands projets de vie, le changement personnel est un travail de Sisyphe, toujours recommencé. Un changement toujours accompagné d’espoir, de désappointement, de dénigrement, de culpabilité, invariablement suivi d’ambitions et d’espérances nouvelles. Au final, le cycle des tentatives avortées, des échecs, des relances et des petits succès fait partie du changement lui-même. 
Comme pour les utopies, la radicale métamorphose de soi est une illusion. Sauf peut-être pour des cas extrêmes. Mais, de même que les utopies participent au changement social, l’illusion de la métamorphose contribue tout de même à nous changer. 
Pour l’immense majorité d’entre nous, le changement est un combat permanent. Une guerre contre soi-même qui connaît des succès et des échecs, des moments de conflits intenses et de paix relative. Au final, c’est peut-être la seule chose qui ne change pas en nous : notre désir de changer.

NOTES :
(1) Cette non-concordance est au passage une pierre dans l’hypothèse de l’Homo œconomicus capable de fixer ses buts et de choisir la meilleure façon pour les atteindre. 
(2) Voir Michel Lobrot, L’Influence des modèles, Psy-énergie, 1987.
(3) Hazel Markus et Paula Nurius, « Possibles selves », American Psychologist, vol. XLI, n° 9, 1986.
(4) Jean-Claude Kaufmann, Quand je est un autre.Pourquoi et comment ça change en nous, Armand Colin, 2008.
(5) Jean-Chrisophe Rufin, Un léopard sur le garrot. Chroniques d’un médecin nomade, Gallimard, 2008.
(6) Bernard Lahire, La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, La Découverte, 2004.
(7) Yves Saint-Arnaud, Relation d’aide et psychothérapie. Le changement personnel assisté, Gaëtan Morin, 2001 

Haruki Murakami : écrivain marathonien

Jean-François Dortier

Le 1er avril 1978 a marqué un tournant dans la vie de Haruki Murakami. Ce jour-là, alors qu’il était dans un stade à regarder un match, il a décidé d’écrire un roman. Ce fut un tournant de sa vie. Rentré chez lui, il s’est mis au travail. Quelques mois plus tard, il remportera un premier prix littéraire.
Il décide alors de vendre son petit club de jazz pour se consacrer entièrement à l’écriture. Quelques mois plus tard, le voilà devenu écrivain. Mais à rester pendant des heures à écrire à sa table de travail, il a pris beaucoup de poids et fume trois paquets de cigarettes par jours. Il décide alors de se mettre à courir. Depuis, il n’a plus jamais cessé. Dix kilomètres par jour, tous les jours, depuis vingt-cinq ans. En 1996, il a même couru un ultramarathon (cent kilomètres). Une expérience quasi mystique qu’il raconte dans l’Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (Belfond, 2009).
Écrire et courir ont beaucoup en commun. Ce sont deux motivations étranges dont H. Murakami ne comprend pas bien le sens profond, mais qui lui sont indispensables.
Ils exigent tous deux une discipline de vie, qui allie plaisir et souffrance, qui demande du talent, mais aussi de la concentration, de la volonté, de l’opiniâtreté.
Dans son livre, il relate ses expériences parallèles de coureur et d’écrivain.
Si l’on veut parvenir à ses fins (écrire un roman ou courir un marathon), un entraînement régulier et des techniques de changement s’imposent.
• Savoir endurer la souffrance. Pour cela, H. Murakami apprend à observer la douleur sans se laisser dominer par elle : « Pain is inévitable, suffering is optional. »
• Chaque jour, il faut s’imposer une séance d’écriture ou de course. Il faut aménager son temps en fonction de cela et ne pas suivre simplement sa motivation, qui connaît toujours des défaillances.
• Savoir aussi ménager sa peine et garder sa motivation intacte. « Au moment où je sens que je pourrais continuer à écrire, je pose mon stylo, je m’arrête. Ainsi, le travail du jour suivant s’enclenchera aisément. »
H. Murakami consigne sur un carnet de coureur le bilan de ses séances d’entraînement : nombre de kilomètres parcourus, objectif de la semaine, du mois.

Les sciences humaines et le changement personnel

Jean-François Dortier

La philosophie et les sciences humaines ont longtemps méprisé le changement personnel. Les philosophies de la sagesse sont avant tout des écoles de renoncement plutôt que de changement. Elles suggèrent de tempérer ses désirs plutôt que de mener de vaines luttes pour de vaines ambitions. Les sociologues non plus n’aiment pas trop le changement personnel, considéré comme une illusion et une injonction. L’illusion d’un sujet autonome qui croit fabriquer sa vie, sans mesurer le poids des influences sur sa destinée. C’est aussi l’injonction d’une société libérale qui veut mobiliser les individus en permanence, les poussant à être performants, toujours en mutation et adaptables. La psychologie enfin s’est surtout préoccupée du traitement des troubles – le domaine des psychothérapies – et a laissé le champ libre du changement personnel au marché florissant des vendeurs de « pensée positive ».
Aujourd’hui, les choses bougent. Le changement personnel commence à être pris au sérieux par le monde académique.
Certes, nos sociétés valorisent le changement, l’épanouissement de soi, la performance (encore que cette idéologie ait prix ces derniers temps du plomb dans l’aile), mais la volonté de changer à des causes profondes. La sociologie admet que la transformation de soi relève d’une dynamique profonde de la modernité. Une sociologie du changement personnel s’est amorcée avec l’observation de trajectoires atypiques (1) sur les bifurcations de l’existence.
Définir des projets de vie, tenter de les contrôler n’est pas qu’une illusion, mais le propre d’individus réflexifs qui aspirent à contrôler au mieux leur existence. Et l’un des buts de cette sociologie réflexive est de mettre au jours les stratégies individuelles qui accompagnent cette quête d’identité.
La psychologie de la santé se préoccupe désormais des méthodes de « self monitoring » destinées à lutter contre les addictions ; tabagisme, boulimie, jeux vidéo, etc. La plupart de ces méthodes s’appuient sur des techniques cognitives et comportementales.
L’essor « d’une psychologie de la vie quotidienne » destinée à affronter des problèmes existentiels : lutter contre le stress, les phobies, améliorer l’estime de soi, contrôler ses émotions ou mieux gérer sa vie au travail. Autant de pistes pour construire un savoir et peut-être des méthodes plus fiables pour accomplir au mieux son dur métier d’humain.

NOTE :
(1) Philippe Malreu (dir.), Dynamiques sociales et changements personnels,CNRS, 1989. 
L’écrivain est aussi attentif aux astuces qui lui sont nécessaires pour écrire : garder la motivation, chercher des idées, retravailler ses textes. Car son changement de vie était bien plus qu’un rêve : ce fut le produit d’un travail sur soi où se mêlent une motivation profonde et un rigoureux contrôle de sa propre vie. 

Santé - Un régime à base de chocolat noir

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Un régime chocolat noir : quelques carrés et un peu de sport pour perdre du poids. ( AFP )


Pour maigrir, mangez du chocolat noir mais avec modération et faites un peu de sport. Une étude américaine publiée lundi révèle de nouvelles vertus du chocolat noir qui, consommé sans excès et accompagné d'une bonne hygiène de vie, permet de diminuer l'indice de masse corporelle. 


L'indice de masse corporelle (IMC) permet de calculer la corpulence en mettant en rapport le poids et la taille. Il aide à évaluer le risque de maladies liées à un excès ou à une insuffisance de poids. Malgré sa haute teneur en calories, le chocolat serait bon pour le métabolisme, révèle cette étude pratiquée sur mille personnes et publiée dans les Archives de la médecine interne.

Les personnes, âgées en moyenne de 57 ans, qui mangent du chocolat deux fois par semaine et pratiquent un sport 3 à 4 fois par semaine, présentent un indice de masse corporelle plus faible que celles qui n'en consomment pas aussi souvent. «Il s'agit d'une découverte un peu surprenante», conclut cette étude menée par le professeur de médécine Beatrice Golomb de l'Université de Californie de San Diego.

Savoir limiter sa  reste la clé du succès
«Avant de vous enfiler une tablette de chocolat par jour, rappelez-vous cependant qu'elle contient 200 calories de sucre et de graisses saturées», rappelle néanmoins Nancy Copperman, une autre scientifique qui n'a pas pris part à cette expérience. «Limitez-vous en moyenne à 28 grammes de chocolat noir ou de cacao pauvre en sucre par jour», recommande-t-elle.

D'autres études ont montré que le chocolat était riche en polyphénols, de puissants anti-oxydants naturels qui limiteraient le stress et réduiraient les risques de maladies cardio-vasculaires, cancers et autres maladies chroniques. «A condition qu'il soit consommé dans le cadre d'une vie saine, le chocolat ne ferait pas grossir. Au contraire, il permettrait de contrôler son poids», précise une autre scientifique, Suzanne Steinbaum, directrice du service des maladies cardiaques de l'hôpital Lenox Hill à New York. 
Source : AFP - Le Parisien

mardi 27 mars 2012

‎"Le plus important n'est pas ce que l'on donne aux autres mais ce que l'on éveille et permet en eux."


Jacques Salomé